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Alaine Chartrand lors des Championnats nationaux de patinage artistique présentés à Ottawa, en 2017
Alaine Chartrand lors des Championnats nationaux de patinage artistique présentés à Ottawa, en 2017

Chartrand opte pour la retraite au lieu d’un retour

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Alaine Chartrand jonglait avec l’idée de renouer avec la compétition. L’idée de tenter de se qualifier en vue des Jeux olympiques de 2022, à Pékin, lui trottait dans la tête.

Surtout que la patineuse artistique de Prescott, situé à une heure de route au sud d’Ottawa, avait été incapable d’obtenir son billet lors des deux rendez-vous précédents à Sotchi et PyeongChang. «Participer aux Jeux, c’est la seule chose qui m’a échappé», dit-elle au bout du fil.

Chartrand a passé sa journée de mercredi à multiplier les entrevues. En matinée, la femme âgée de 25 ans avait annoncé sa retraite via un communiqué de Patinage Canada.

Ça faisait deux ans qu’elle avait mis sa carrière sur pause. Une décision prise à l’époque après avoir gagné son deuxième titre national en carrière.

Elle voulait déjà tout arrêter au printemps 2019.

«J’étais prête à passer à autre chose. J’avais commencé des études en kinésiologie. On m’avait toutefois suggéré de prendre mon temps avant de prendre officiellement ma retraite. De cette façon, je n’aurais aucun regret. Je suis contente d’avoir suivi ce conseil. Car j’ai même songé à renouer avec la compétition avec les Jeux qui approchent.»

Mais la pandémie s’est invitée dans la réflexion.

«Cela compliquait les choses, même si nous étions chanceux ici en Colombie-Britannique. Il n’y a eu qu’un confinement majeur en mars l’an dernier. Nous avons pu recommencer à patiner assez vite, mais en petit groupe. Nous n’étions pas dans la même situation que les patineurs en Ontario ou au Québec.»

Alaine Chartrand aura le privilège de voir son nom inscrit sur le prochain aréna de Prescott.

Si Chartrand se retrouve à l’autre bout du pays, c’est en raison de ses études universitaires à Vancouver. Puis elle dirige des espoirs en patinage artistique aussi.

«Je me suis dit que si je revenais à la compétition, ça devait se faire de la bonne façon. Mes anciens entraîneurs se trouvaient à Toronto. Il aurait fallu que je me déniche un nouveau coach ici. Je n’étais pas membre d’un club ici nons plus. Tout serait nouveau. Et c’est sans compter l’impact financier d’un retour.»

En même temps, la jeune femme se plaisait dans sa nouvelle vie d’étudiante et d’entraîneuse.

«Est-ce que j’aurai des regrets si je ne renoue pas avec la compétition? C’est la question que je me posais.»

La réponse finale était finalement non. C’est pourquoi Chartrand se sentait prête à annoncer officiellement sa retraite en ce 26 mai.

C’est la fin d’un chapitre important pour celle qui patinait depuis l’âge de trois ans à l’aréna Léo Boivin, à Prescott. Un amphithéâtre qui a cessé ses activités en 2018.

Le prochain aréna de la municipalité qui doit être construit au coût de 14,6 millions $ portera justement le nom d’Alaine Chartrand. Une annonce en ce sens a eu lieu au début du mois.

«La communauté de Prescott m’a toujours appuyé. Le vieil aréna là-bas était mon chez-moi. Toutes les bannières que j’ai gagnées durant ma carrière s’y trouvaient à l’intérieur.»

Quand elle n’était pas à l’aréna Léo Boivin, Chartrand patinait à Nepean ou même à l’aréna Isabelle et Paul Duchesnay, à Aylmer.

Au total, elle a gagné cinq médailles aux championnats canadiens, dont l’or en 2016 et 2019. Sa feuille de route comprend dix participations à des étapes du Grand Prix, dont une troisième place à la Coupe Rostelecom en 2014.

À cela s’ajoutent trois présences aux championnats du monde et six autres aux championnats des quatre continents.