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Sylvain St-Laurent
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Sylvain St-Laurent
Serge Payer et son fils aîné, Leander
Serge Payer et son fils aîné, Leander

Hockey Night in Florida

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CHRONIQUE / Serge Payer est originaire de Rockland, dans l’Est ontarien. Il a gagné sa vie sur les patinoires nord-américaines et européennes pendant une décennie complète, entre 2000 et 2010. Durant sa carrière, il a porté les couleurs de huit équipes différentes.

Au moment d’accrocher ses patins, il aurait pu s’installer n’importe où. Il a choisi la Floride. Il s’est acheté une maison à deux minutes de route de l’aréna des Panthers, l’équipe de la LNH avec laquelle il a passé deux saisons.

Il a choisi cet endroit parce que...

Il a choisi cet endroit parce que. C’est tout. Je ne devrais pas être obligé de toujours tout expliquer. Il y a des choses qui vont de soi. Payer a choisi de vivre dans la région de Fort Lauderdale... parce que c’est Fort Lauderdale.

Payer n’a jamais regretté cette décision. Il était particulièrement heureux de son choix dimanche soir.

Les yeux de tous les amateurs de hockey étaient rivés vers sa région. Tout le monde voulait savoir ce qui se passait dans le tout premier match de séries de la rivalité opposant les Panthers au Lightning de Tampa Bay.

À l’intérieur du BB&T Center, il régnait une ambiance complètement folle.

Payer et son fils aîné, Leander, faisaient partie des 9646 spectateurs qui ont pu se procurer des billets.

Payer était aux anges. «Une soirée extraordinaire», m’a-t-il dit, au téléphone, lundi matin.

Leander était d’accord. Si ça se trouve, il a trippé encore plus fort que lui.

***

«Quand j’ai compris que les Panthers auraient l’avantage de la glace, en première ronde, j’ai tout de suite voulu faire des plans avec ma famille. Le premier match était présenté un dimanche, en soirée. C’était un peu trop tard pour mon plus jeune, qui est âgé de quatre ans. Leander est un peu plus vieux. Il a six ans. Pour lui, je me suis dit que je pouvais faire une exception.»

Leander et son petit frère Levin sont de vrais partisans. Ils portent fièrement leurs chandails des Panthers. Ils jouent au hockey. Ils jouent au hockey, dans les programmes d’initiation au sport du sud de la Floride. Là-bas, ils côtoient les enfants d’autres anciens joueurs de la LNH, comme Viktor Kozlov et Petr Schastlivy.

«Ils grandissent dans ce monde-là. Leander avait un match, dimanche matin. J’écoutais ses conversations, avec ses coéquipiers, avant et après. Ils voulaient savoir qui assisterait au match des Panthers. Ceux qui avaient des billets se donnaient rendez-vous, plus tard, en soirée. Ils faisaient leurs prédictions pour les séries. C’est vraiment le fun. Tu ne vois pas ça tous les jours, dans notre coin.»

Pourtant, à quelques centaines de kilomètres de là, le Lightning a prouvé que le hockey peut fonctionner dans le Sunshine State.

À Tampa, Steven Stamkos et sa bande forment l’équipe professionnelle la plus populaire en ville. Et c’est comme ça depuis longtemps.

Devante Stephens et Mason Marchment se bousculent pendant le match de dimanche.

La rivalité pourrait-elle enfin permettre au sport d’effectuer une percée à travers le troisième État le plus populeux au pays de l’Oncle Sam?

«Il y a un beau mouvement, en tout cas. Je regarde le leadership du propriétaire des Panthers. Vinnie Viola a investi beaucoup de sous, beaucoup de temps et beaucoup de ressources pour valoriser le brand des Panthers. En ce moment, je suis extrêmement fier de dire que j’ai porté cet uniforme», dit Payer.

C’était ça, la solution? C’était simple, comme ça? Il suffisait de trouver un propriétaire prêt à investir?

«Il y a eu des investissements, dans le passé, et ça n’avait pas fonctionné. Je pourrais t’en parler longtemps. Ce que je vois, avec M. Viola, c’est qu’il recrute des gens qui sont fiers de travailler pour l’équipe. Ces gens sont fiers de s’impliquer et de faire une différence, pas juste dans le sport, mais dans la communauté en général. Tout ça fait en sorte que beaucoup de gens embarquent dans le sport. On vient à peine d’ajouter une troisième patinoire au complexe d’entraînement des Panthers. Ça ne va pas s’arrêter là. Un complexe d’entraînement tout neuf sera construit en plein coeur du centre-ville de Fort Lauderdale. On va voir une nouvelle génération de jeunes joueurs qui voudront assister aux matches des Panthers avec leurs parents. Oui, on voit les investissements quand l’équipe embauche des bons joueurs et des employés de qualité. Mais il y a plus que ça.»

***

Serge Payer a partagé quelques photos du match de dimanche dans les réseaux sociaux. Le sourire de Leander dit tout ce qu’il faut savoir.

«Il est quand même déçu parce que les Panthers ont perdu, révèle le père. Tu peux voir que ça lui fait mal.»

Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose, au fond.

Tu deviens un «vrai» fan quand les défaites commencent à t’arracher le coeur.

«Je vais essayer de lui faire comprendre qu’en séries, tu dois gagner quatre parties. T’as le droit de perdre la première.»