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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent

Soixante-deux secondes avec Rod [VIDÉO]

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CHRONIQUE / La vidéo qui accompagne cette chronique me parle. Beaucoup. Je suis tombé dessus en ouvrant mon téléphone, très tôt, vendredi matin. Depuis, je l’ai regardée cinq ou six fois.

Minimum.

On se trouve dans le vestiaire du club visiteur, au Bridgestone Arena de Nashville. Les Hurricanes de la Caroline viennent d’éliminer les Predators en six matches. Ça n’a pas été facile. Ils tiraient de l’arrière par deux buts, en milieu de deuxième période. Ils ont complété leur remontée en prolongation.

Le héros de la vidéo, comme vous pouvez le constater, c’est Rod Brind’Amour. Ce n’est pas la première fois que les Canes obtiennent un hit viral, dans les réseaux sociaux, en nous montrant leur coach qui s’adresse à ses joueurs après une victoire.

Celle-là est doublement géniale. On apprend que le père de Brind’Amour célébrait ce jour-là son anniversaire de naissance. Il est plus âgé. Il éprouve des problèmes de santé. Les succès des Hurricanes lui donnent le courage d’affronter les petits et les gros tracas de son quotidien.

Pour conclure la vidéo en beauté, les 25 joueurs forment la moins élégante chorale que nous avons pu entendre, ce soir-là, dans la capitale du Tennessee.

Happy Birthday, to you...

Plus je regarde cette vidéo, plus j’y pense, plus je me dis qu’il y a d’importantes leçons à tirer.

Ma conclusion, c’est que les Hurricanes sont devenus un modèle à suivre. Toutes les équipes de hockey qui tirent le diable par la queue, dans des petits marchés où ils sont naturellement désavantagés, devraient s’inspirer d’eux.

***

Les dirigeants des Sénateurs et ceux des Hurricanes ont un défi similaire.

La région de Raleigh-Durham n’est pas particulièrement attrayante pour les athlètes professionnels de haut niveau.

Un peu comme la région d’Ottawa-Gatineau.

Les joueurs qui aboutissent en Caroline du Nord finissent souvent par découvrir les charmes insoupçonnés de cette belle région verte et tranquille. Plusieurs choisissent de s’y installer quand ils accrochent leurs patins.

On peut dire la même chose de la capitale fédérale.

Cette réalité complique cependant le travail des directeurs généraux des deux clubs. Ils peuvent difficilement emprunter des raccourcis quand vient le temps d’améliorer leurs formations. Quand vient le temps de courtiser les joueurs autonomes de très haut niveau, ils n’ont pas les ressources nécessaires pour rivaliser avec les clubs des grandes métropoles.

D’où l’importance de développer une solide identité d’équipe.

Pour cela, Rod Brind’Amour est un formidable leader.

Il va peut-être remporter le trophée Jack-Adams, à titre d’entraîneur-chef par excellence de la dernière année, dans la LNH.

Si on décernait un trophée à l’entraîneur le plus en forme de la ligue, il n’y aurait pas de compétition. À 50 ans, il a meilleure mine que certains joueurs d’une trentaine d’années.

Ce n’est pas anodin, vous savez.

Pour survivre aux rigueurs du long calendrier de la LNH, il faut être en forme. Or, les joueurs ne sont pas tous très enthousiastes face aux programmes d’entraînement hors-glace. En Caroline, ceux qui auraient envie de se la couler douce ont l’air fous. Quand le vieux coach se tue à l’ouvrage sur le tapis roulant d’à côté...

L’enthousiasme de Brind’Amour est contagieux à peu près partout.

Je vous ramène à la vidéo. Pendant 63 secondes, il fait les cent pas dans le vestiaire. Le match est terminé depuis au moins cinq minutes et il n’a pas réussi à se calmer. Ça vous dit à quel point il voulait cette victoire.

Les piliers à l’attaque des Hurricanes s’appellent Sebastian Aho, Andreï Svechnikov et Martin Necas. Un Finlandais. Un Russe. Un Tchèque. L’aîné du trio est âgé de 23 ans.

Les gens qui connaissent leur hockey se plaisent à raconter qu’il est parfois difficile, pour les jeunes Européens, d’apprendre à jouer dans les séries de la coupe Stanley.

Ces trois-là n’ont visiblement pas ce problème. Leur équipe s’est inclinée en Finale d’Association en 2019. Elle a remporté une série l’an dernier. Elle se frotte cette année aux champions en titre. Si on se fie au résultat du premier match, joué dimanche soir, ce sera une belle et longue série.

On peut s'attendre à une longue et belle série entre les Hurricanes et le Lightning.

***

Personne à l’extérieur de la Caroline du Nord, ne s’intéresse vraiment aux Hurricanes.

Durant les longues séquences perdantes, même en Caroline, on se fiche un peu des Canes.

Rod Brind’Amour semble parfaitement conscient de tout cela.

Puisqu’il ne pouvait pas compter sur le monde extérieur, il fallait que tout commence à l’interne. Dans le vestiaire.

Si on se réfère une fois de plus à la vidéo, on dirait bien que ça fonctionne.

La vie reprend lentement son cours normal, à Raleigh. À la fin de la saison régulière, on a présenté quelques matches devant 5000 personnes. Pour les matches de la première ronde des séries, 12 000 billets étaient disponibles. Pour la deuxième ronde, on autorise la vente de 16 000 billets.

On n’a pas de misère à les écouler.