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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Ça me revient à l’esprit souvent, ces jours-ci. Quand je m’installe devant ma télé, pour suivre la série qui oppose le Canadien aux Maple Leafs, je constate que Jason Spezza (gauche) a beaucoup changé.
Ça me revient à l’esprit souvent, ces jours-ci. Quand je m’installe devant ma télé, pour suivre la série qui oppose le Canadien aux Maple Leafs, je constate que Jason Spezza (gauche) a beaucoup changé.

Spezza n’est plus le même

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CHRONIQUE / Le temps passe, les gens changent.

Parfois, les gens changent beaucoup.

Ça me revient à l’esprit souvent, ces jours-ci. Quand je m’installe devant ma télé, pour suivre la série qui oppose le Canadien aux Maple Leafs, je constate que Jason Spezza a beaucoup changé.

Il ne ressemble plus vraiment au joueur que j’ai connu, il y a deux décennies.

J’ai commencé à m’en aperçevoir, il y a environ deux mois. Spezza était l’invité du Wally & Methot Show, podcast animé par le journaliste Brent Wallace et par l’ancien hockeyeur Marc Méthot, sur Youtube.

Quand Brent a demandé à Spezza s’il rêvait d’atteindre le plateau des 1000 points en carrière, dans la Ligue nationale, il n’a pas hésité une seconde.

«Aucune chance! Il n’y a vraiment aucune chance que cela se produise», a-t-il répondu.

Spezza a enchaîné en parlant de son rôle qui a changé.

Il a gagné 700 000 $US, cette saison. C’était la même chose, l’an dernier.

Des pinottes! Il gagnait 10 fois plus d’argent, il n’y a pas si longtemps, quand il était le centre numéro un des Sénateurs d’Ottawa.

Spezza n’a plus les capacités de jouer un rôle aussi important. Il en est parfaitement conscient. Il a choisi de prendre les moyens d’étirer sa carrière, parce qu’il aime vraiment le hockey.

Il aurait pu se joindre à une formation qui avait besoin d’aide à l’attaque pour passer le plus de temps possible sur la patinoire.

Il a plutôt choisi de se joindre à une formation bien nantie, qui avait besoin de soutien.

En se joignant aux Leafs, il a renoncé à son rêve d’atteindre le plateau des 1000 points. Il a décidé de se donner un nouveau rêve: celui de remporter la coupe Stanley dans sa ville natale. Il veut être là quand les Leafs vont mettre un terme à leur historique disette.

Sur le coup, je me suis dit que les deux objectifs n’étaient pas incompatibles.

Spezza a récolté 970 points, depuis le début de sa carrière. S’il travaille fort, durant la saison morte, et qu’il revient au jeu, il pourrait aller chercher les 30 points qui lui manquent.

Il vient justement de connaître une saison de 30 points. En 54 parties!

Spezza a l’air, sincèrement, de s’en balancer.

Quand je pense à cela, je me souviens du jeune premier que j’ai rencontré, au début de la saison 2002-03. Je me souviens du printemps suivant, quand il ruait dans les brancards parce que Jacques Martin ne lui faisait pas confiance, dans les séries.

La LNH, disait-il était une ligue pour hommes. Spezza n’était pas encore un homme, à l’époque.

Maintenant, oui.

*****

Ça fait un bout de temps que je veux vous parler du Wally & Methot Show.

Quand le projet a été lancé, j’ai écrit une chronique sur Marc Méthot, qui est devenu le grand frère de tous les partisans des Sénateurs dans les réseaux sociaux. Je ne vous ai pas vraiment parlé de Brent Wallace.

Mardi, je lui ai passé un coup de fil.

J’étais triste, au début du mois de février, quand ce collègue de longue date a perdu son poste à TSN. C’est simple. Il n’y a pas assez de journalistes sportifs, dans la région d’Ottawa-Gatineau. Et ceux qui sont en poste ne sont pas toujours très braves. Ils préfèrent parfois garder le silence, quand vient le temps de poser les questions qui dérangent.

Brent n’a jamais été intimidé par l’entraîneur, ni par le directeur général, ni par le président...

Il n’a pas eu peur de relever un autre défi, non plus, quand il s’est retrouvé au chômage. Même si ce défi lui imposait de sauter sans parachute.

Rien ne l’obligeait à tenter sa chance dans le monde de la baladodiffusion. Il aurait pu se chercher du travail dans n’importe quel autre domaine.

«Serais-je seulement capable de faire autre chose? La télévision, les entrevues, raconter des histoires, c’est ce que je connais. Je me suis dit que je devais au moins me donner une chance. Je voulais me donner une chance.»

«Je ne suis toujours pas convaincu que ça va fonctionner», me dit-il, alors qu’on voit pourtant de belles choses.

Sur Youtube, les épisodes de son podcast obtiennent entre 4000 et 10 000 visionnements. Il a réussi à conclure des ententes avec plusieurs commanditaires. Il a commencé à produire et à vendre des produits dérivés.

Tout ça n’est pas mal, pour une émission qui se concentre sur l’actualité sportive régionale.

«Je crois qu’on peut construire quelque chose de spécial. Ottawa est probablement le plus petit marché canadien à miser sur un club de la LNH, mais les partisans sont vraiment impliqués. Ils veulent s’informer.»

«Les gens nous disent qu’ils aiment le show. Ça me fait plaisir. Je savais que Marc avait un grand talent et que les partisans voudraient l’écouter. Je ne réalisais pas qu’ils s’étaient attachés à moi, durant mes 22 années passées à TSN.»

«Nous n’allons pas sauver le monde en trouvant des remèdes contre le cancer. Nous allons simplement continuer à nous amuser.»