Le Droit Franco
Je m’abonne
Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Balarama Holness tentera de devenir le premier maire de race noire de Montréal. 
Balarama Holness tentera de devenir le premier maire de race noire de Montréal. 

Un ancien des Gee Gees veut devenir maire de Montréal

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Article réservé aux abonnés
Le nouveau candidat à la mairie de Montréal qui veut déloger Valérie Plante et éviter un retour de Denis Coderre s’avère bien connu à l’Université d’Ottawa. Il excellait dans deux sports tout en portant deux prénoms différents au milieu des années 2000.

On l’a connu en tant que Balarama Holness au sein de l’équipe d’athlétisme des Gee Gees. Sur le terrain de football, il était «Steven», un prénom que lui ont donné des gens au secondaire ayant de la misère à prononcer son véritable premier nom.

Le père de famille et entrepreneur social âgé de 37 ans espère ajouter un autre titre devant son nom d’ici l’automne. Celui de maire.

Balarama Holness, qui a milité ces dernières années contre le racisme, a officialisé jeudi sa candidature en vue des prochaines élections municipales à Montréal où il a déjà gagné la coupe Grey en 2010 chez les Alouettes. «Je veux amener du sang neuf et des idées innovatrices tout en gouvernant de façon juste Montréal, ma ville», explique-t-il en entrevue au Droit.

«J’ai grandi ici dans le quartier St-Denis Beaubien. J’ai joué au hockey, des matches et des tournois, à l’aréna Étienne-Desmarteau contre Saint-Michel et Rosemont. Ma fille est née ici.»

Holness a fondé son propre parti, Mouvement Montréal. Il tentera de devenir le premier maire de race noire de la plus grande ville du Québec.

«Les gens vont se reconnaître dans notre équipe. Nous voulons rassembler tous les Montréalais qui ne se sont jamais vus en politique et qui veulent changer la culture en place», affirme-t-il.

Ça explique un de ses slogans, «les gens avant la politique».

Holness sait très bien qu’il s’attaque à deux grosses pointures en Plante et Coderre. Mais il tire une comparaison avec son expérience de joueur de football universitaire et professionnel de même que ses années au hockey mineur récréatif.

«J’ai dit à mon équipe que ça sera un défi. C’est comme se retrouver au quatrième quart au football ou en troisième période au hockey avec 10 minutes à écouler un match. Mais en parlant avec les Montréalais, je sens qu’ils veulent des choix.»

Holness, qui détient cinq diplômes dont un baccalauréat en éducation de l’Université d’Ottawa et un en droit civil de l’Université McGill, a tenté sans succès de se faire élire à un poste de conseiller municipal en 2017. Un an plus tard, il a obtenu la signature de 22 0000 Montréalais afin de forcer la Ville à mener une enquête publique sur le racisme et la discrimination systémique sur son territoire.

Son parcours a piqué la curiosité de divers médias au fil des derniers mois. La réputée émission «W5» du réseau CTV lui a consacré un long reportage. Même chose pour le New York Times.

Balarama Holness est né d’un père jamaïcain anglophone et une mère québécoise francophone. Il est déménagé à l’âge d’un an dans un ashram en Virginie.

«Je suis revenu à Montréal à l’âge de 10 ans dans une classe d’accueil à l’école. Je suis un enfant de la loi 101.»

À la fin de l’adolescence, ce fut le départ vers Ottawa où il dit avoir reçu un encadrement exceptionnel de ses divers entraîneurs au football et en athlétisme, dont Denis Piché et Glenroy Gilbert entre l’automne 2004 et le printemps 2008.

«Denis m’a beaucoup aidé dans une période importante de ma vie. J’étais en transition, passant d’un ado à un homme. Il était là pour mes succès, mais aussi mes moments difficiles. J’ai reçu aussi un bon appui aussi au niveau académique à l’Université d’Ottawa.»

Balarama Holness a joué au football universitaire avec les Gee Gees de l'Université d'Ottawa.

Un demi qui frappe fort

Piché se souvient bien de «Bala». C’est lui qui l’avait recruté dans un programme de troisième division au cégep John-Abbott.

«Je ne suis pas surpris de l’annonce. Je suis attentivement son parcours. On se parle encore de temps en temps.»

Son passage chez les Gee Gees a été tout sauf «un long fleuve tranquille». Pas qu’il était dans le pétrin ou qu’il donnait des maux de tête aux instructeurs et joueurs. Au contraire.

«Il s’est remis en question à quelques reprises. Mais ça lui a permis d’éclore, tout comme d’autres jeunes hommes. Il est devenu curieux. Il s’est intéressé à beaucoup de choses», précise l’ancien coach.

Du joueur, Piché parle de lui comme un «secondeur qui était pris dans un corps de demi défensif». «Il frappait comme un démon», précise-t-il.

Pas surprenant que la Ligue canadienne de football (LCF) s’est intéressée à lui à sa sortie des rangs universitaires. Sa carrière l’a amené d’abord à Winnipeg pendant deux ans puis Montréal.

Holness est revenu à Ottawa afin de terminer ses études en éducation avant de visiter le monde. Il a habité en Égypte, aux Émirats arabes unis et en Chine.

«Je suis un citoyen global. C’est ce que j’amène à Montréal... une vision unique pour une métropole diverse. J’amène de l’expérience de vie.»